[Interview] Entretien avec Aude Becquart, La Fée de nos Nuits Blanches

Aude Becquart

Aude Becquart

Si tu es jeune parent, que tu visites quelques Blogs qui touchent à la parentalité, tu ne peux pas ne pas avoir entendu parler d’Aude Becquart. Derrière ce nom, se cache une femme à la fois douce, énergique et solaire, dont le combat quotidien est d’aider les parents et les enfants à retrouver leur équilibre et à se sentir bien.

J’ai eu le plaisir de pouvoir échanger avec Aude afin de mieux connaître son parcours, comprendre son approche et vous la restituer dans cette interview.

Quel est ton parcours et d’où te vient cette envie de travailler dans une approche si différente avec parents et enfants?

En fait, j’ai été au contact des enfants dès l’adolescence, quand j’ai commencé à faire la babysitter. Très vite, les parents des diverses familles chez qui j’allais m’ont fait confiance et m’embauchaient pour m’occuper des enfants, pendant les vacances, ou même pendant que les parents partaient seuls pour quelques jours. J’étais pourtant très jeune ! Puis, j’ai commencé à travailler dans une fondation en milieu hospitalier, qui s’occupait d’enfants malades ou avec de graves problèmes sociaux. J’y suis restée 15 ans. Puis j’ai travaillé 2 ans en crèche. C’est à la suite de ces expériences, conjuguées avec une psychothérapie, que j’ai décidé de lancer l’activité de consultante en puériculture et parentalité.

Justement, parlons de ton activité, dans quels cas les parents viennent te consulter?

Dans tous les cas, la démarche n’est pas évidente. C’est difficile pour les parents d’admettre qu’ils ont, à un moment donné, besoin d’aide. Et en aucun cas, cela veut dire qu’ils sont de mauvais parents. C’est vrai qu’on me consulte majoritairement pour les problématiques liées au sommeil, je propose une consultation « sommeil bébé » car il n’y a rien de pire que de ne pas dormir ! On m’appelle également pour les enfants de 6 à 8 semaines, quand les parents ont passé la phase de « béatitude » devant leur petit ange. Plus tard, on vient aussi me voir pour les problèmes de sevrage, les colères ou l’agressivité des enfants vers 2 ou 3 ans voire plus. J’aide aussi des parents qui ont des problèmes de couple car leurs différences d’opinion sur les choix éducatifs génèrent parfois des conflits. Ce ne sont que les cas les plus communs car les raisons diffèrent d’une famille à l’autre.

Tu dis que c’est difficile pour les parents d’admettre qu’ils ont parfois besoin d’aide mais du coup est-ce qu’ils culpabilisent de t’appeler?

C’est souvent le cas avant la consultation. Pourtant c’est à l’opposé de mon approche ! Je suis dans une approche bienveillante où je n’interviens pas pour dire aux parents qu’ils ont tort ou qu’ils font mal les choses. J’interviens pour leur donner des outils clairs et faciles à utiliser pour atteindre leur objectif sans les juger. Par exemple, si une maman me dit qu’elle veut que son enfant dorme la nuit et qu’elle l’allaite, je ne vais pas lui dire d’arrêter l’allaitement ! Je vais l’aider à continuer d’allaiter tout en aidant son enfant à mieux dormir. En revanche, si une maman me demande d’aider son enfant à dormir mais qu’elle souhaite le sevrer, je vais également lui donner des outils pour. En clair, je ne suis pas là pour dire aux parents que ce qu’ils font est mal mais pour les aider à atteindre leur objectif, et faire en sorte que l’enfant comme les parents retrouvent leur équilibre et leur bien-être.

Mais parfois tu dois bien voir des parents qui font les choses « de travers »? 

Bien sûr, mais ils ne le font pas de manière « maligne ». Quand un parent donne l’habitude à son enfant de s’endormir en restant à côté par exemple, cela donne à l’enfant le signal qu’il sera dans l’insécurité dans son sommeil, puisque le parent reste pour veiller sur lui. L’enfant sera donc incapable de se rendormir seul s’il se réveille. En pensant apaiser et aider leur enfant, des parents mettent donc parfois en place des cercles vicieux dont ils doivent briser le schéma.

Parlons un peu de ta méthode. Comment travailles-tu ?

En règle générale, les parents me consultent par téléphone ou bien je vais à leur domicile pour une consultation (Paris et banlieue). Cela dépend vraiment du contexte, s’il s’agit d’un problème de sommeil avec un bébé, une consultation téléphonique peut suffire. Lorsqu’il s’agit d’un problème de comportement par exemple avec un enfant plus âgé, une consultation à domicile peut être intéressante. J’interviens de manière neutre et bienveillante et pour cela il est important que les personnes concernées (y compris l’enfant dès lors qu’il est suffisamment âgé) soient d’accord dans la démarche de me rencontrer. En général, une seule consultation suffit  et les parents qui font appel à moi savent par le bouche à oreille que mes méthodes sont efficaces et faciles à mettre en place.

Tu parles d’une démarche neutre, peux-tu m’en dire plus ?

J’ai dit que je n’étais pas là pour juger les gens. C’est vrai. Mais je suis aussi là en tant qu’observatrice dépourvue de parti pris. Les parents sont dans des situations où tout est cristallisé. En tant qu’intervenante externe, je vois rapidement d’où viennent les problèmes et leur donne les outils pour y remédier. Les parents me disent souvent après coup que mes outils n’étaient que du bon sens, sauf que ni eux ni leur entourage n’étaient capables de voir ces solutions car ils étaient bien trop au cœur du problème.

Pour finir, peux-tu nous donner quelques conseils de petites choses à mettre en place quand bébé arrive ?

On a parlé du fait de rester à côté de son enfant pour qu’il s’endorme. Une fois la période « nouveau-né » passée, c’est vraiment un point important pour ne pas faire croire à l’enfant qu’il est en insécurité dans son sommeil. De même, il est contre-productif de laisser un enfant pleurer. Le bébé exprime comme il peut son besoin d’être rassuré. Il est donc important de faire en sorte qu’il le soit mais sans exagérer, en venant lui montrer la présence rassurante de ses parents sur de très courtes durées.

Merci Aude pour ton temps et l’amour que tu portes à ton métier !

Si vous voulez en savoir plus sur Aude Becquart, n’hésitez pas à consulter son site http://www.audebecquart.com/ ou à la contacter directement.

Publicités

10 réflexions sur “[Interview] Entretien avec Aude Becquart, La Fée de nos Nuits Blanches

  1. Très belle interview, pour ma part je n’ai jamais eu de problème avec le sommeil de mon bébé, mais, les angoisses de séparation arrivant, je me rend compte que je réfléchis de travers : inconsciemment, je suis persuadée que ma fille n’est pas en sécurité la nuit, loin de moi. Par exemple, j’ai pleuré lorsqu’à 4 mois nous l’avons installée dans sa propre chambre, et chaque soir je vais vérifier si elle respire avant de me coucher.

  2. Pingback: Premières Vacances sans Bébé, Comment Assurer? | Paris Pages Blog

  3. Pingback: [Maternité]: Mais Pourquoi Ne Veux-Tu Plus Dormir? | Paris Pages Blog

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s